Dans l’espace confiné des
conduits d’aération plongés dans les ténèbres, seul le fin faisceau de lumière
de sa lampe torche permettait à Rudy d’y voir devant lui, au plus à 5 mètres.
Il frôlait la claustrophobie, et ne pouvait s’empêcher de trembler, c’était
plus fort que lui.
D’en bas provenait une multitude
de hurlements et de hululements inhumains des créatures qui les avaient
assaillies dans la galerie marchande et qui les avaient contraints à se replier
dans des locaux certes sécurisés par des portes blindées, mais des locaux sans
autre sortie que celle que les goules avaient envahis et sans réserves de
nourriture, pire les créatures avaient passés les trois dernières heures à
enfoncer les portes blindées, transformant l’abri en un piège mortel pour les
survivants.
Il reculait en rampant, ses
doigts tremblant faisaient glisser les cartouches de calibre 12 dans la chambre
du fusil – Putain mais c’est au moins la quinzième que je butes – il essayait
de garder l’esprit clair mais il sentait la panique monter en lui, Il savait
que les autres étaient loin derrière lui dans les conduits, ils rampaient vers
les locaux techniques du niveau -3 , ils avaient vus sur le plan qu’une sortie
devrait leur permettre de contourner la horde des monstres hurlants qui les
avaient acculés . La dernière cartouche était chargée et en reculant
péniblement il s’arrêta soudainement pour écouter, tendant l’oreille. Il n’entendait
plus du tout les autres, à part Jennie et son fils Matthew, les derniers du
groupe, ils étaient trop lents à cause de Matthew malade et fiévreux, et lui,
Rudy se retrouvait arrière garde à flinguer toutes les choses qui arrivaient
dans les conduits – Putain de bordel de merde comment elles savaient qu’ils se
barraient par les conduits d’aération – là – Rudy entend ses battements de cœur
qui résonnent, sa respiration courte et puis cette autre respiration plus
sourde et glaireuse – là – la goule vient de jaillir à l’angle du conduit d’aération,
elle se rue à une vitesse impressionnante droit sur lui, griffant les parois de
ces longues griffes noires, ouvrant une gueule pleine de dents acérées comme
celle des requins blancs – le coup de fusil résonne dans les conduits et même en ouvrant la bouche Rudy
est sonné et abasourdi par le coup de feu, il tire de nouveau car déjà une
nouvelle goule se fraye un passage sur le cadavre de celle qu’il vient d’abattre
– encore et encore – il ne respire même
plus poussant un cri de rage et de terreur en voyant que les goules gagnent du
terrain – la dernière cartouche est éjectée et rebondit sur le métal du conduit
– la dernière goule est morte à moins de deux mètres. Il y a tant de cadavres
que celles qui suivent derrière ne peuvent avancer, du moins pour un temps,
jusqu’à ce qu’elles aient creusés les cadavres de leurs congénères pour se
frayer un passage jusqu’à Rudy. Respirant enfin Rudy réalise qu’il s’est pissé
dessus malgré tout son courage, il se met alors à ramper frénétiquement pour s’éloigner
du tas de cadavres monstrueux rattrapant rapidement, trop rapidement Jennie et
son fils Matthew, poussant son fils pour avancer plus vite, pour mettre le plus
de distance entre lui et les goules qui vont finir par arriver « Allez Avancez plus vite ! Elles
arrivent !! » Dit-il d’une voix plus effrayée et haut perchée qu’il
le voudrait tout en poussant le jeune Matthew, puis il se retourne et recharge
son fusil, mentalement il compte, il lui reste 7 cartouches après…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire