lundi 19 mars 2012

La bataille de Provo


Dans l’espace confiné des conduits d’aération plongés dans les ténèbres, seul le fin faisceau de lumière de sa lampe torche permettait à Rudy d’y voir devant lui, au plus à 5 mètres. Il frôlait la claustrophobie, et ne pouvait s’empêcher de trembler, c’était plus fort que lui.
D’en bas provenait une multitude de hurlements et de hululements inhumains des créatures qui les avaient assaillies dans la galerie marchande et qui les avaient contraints à se replier dans des locaux certes sécurisés par des portes blindées, mais des locaux sans autre sortie que celle que les goules avaient envahis et sans réserves de nourriture, pire les créatures avaient passés les trois dernières heures à enfoncer les portes blindées, transformant l’abri en un piège mortel pour les survivants.
Il reculait en rampant, ses doigts tremblant faisaient glisser les cartouches de calibre 12 dans la chambre du fusil – Putain mais c’est au moins la quinzième que je butes – il essayait de garder l’esprit clair mais il sentait la panique monter en lui, Il savait que les autres étaient loin derrière lui dans les conduits, ils rampaient vers les locaux techniques du niveau -3 , ils avaient vus sur le plan qu’une sortie devrait leur permettre de contourner la horde des monstres hurlants qui les avaient acculés . La dernière cartouche était chargée et en reculant péniblement il s’arrêta soudainement pour écouter, tendant l’oreille. Il n’entendait plus du tout les autres, à part Jennie et son fils Matthew, les derniers du groupe, ils étaient trop lents à cause de Matthew malade et fiévreux, et lui, Rudy se retrouvait arrière garde à flinguer toutes les choses qui arrivaient dans les conduits – Putain de bordel de merde comment elles savaient qu’ils se barraient par les conduits d’aération – là – Rudy entend ses battements de cœur qui résonnent, sa respiration courte et puis cette autre respiration plus sourde et glaireuse – là – la goule vient de jaillir à l’angle du conduit d’aération, elle se rue à une vitesse impressionnante droit sur lui, griffant les parois de ces longues griffes noires, ouvrant une gueule pleine de dents acérées comme celle des requins blancs – le coup de fusil résonne dans les  conduits et même en ouvrant la bouche Rudy est sonné et abasourdi par le coup de feu, il tire de nouveau car déjà une nouvelle goule se fraye un passage sur le cadavre de celle qu’il vient d’abattre – encore  et encore – il ne respire même plus poussant un cri de rage et de terreur en voyant que les goules gagnent du terrain – la dernière cartouche est éjectée et rebondit sur le métal du conduit – la dernière goule est morte à moins de deux mètres. Il y a tant de cadavres que celles qui suivent derrière ne peuvent avancer, du moins pour un temps, jusqu’à ce qu’elles aient creusés les cadavres de leurs congénères pour se frayer un passage jusqu’à Rudy. Respirant enfin Rudy réalise qu’il s’est pissé dessus malgré tout son courage, il se met alors à ramper frénétiquement pour s’éloigner du tas de cadavres monstrueux rattrapant rapidement, trop rapidement Jennie et son fils Matthew, poussant son fils pour avancer plus vite, pour mettre le plus de distance entre lui et les goules qui vont finir par arriver  « Allez Avancez plus vite ! Elles arrivent !! » Dit-il d’une voix plus effrayée et haut perchée qu’il le voudrait tout en poussant le jeune Matthew, puis il se retourne et recharge son fusil, mentalement il compte, il lui reste 7 cartouches après…

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