mardi 24 avril 2012

L'horreur d'Ongalla Tu


Rosario Desperas avait laissé tomber Demilio et Tillman, ces deux connards pouvaient bien crever sur cette foutue montagne, et puis en plus il n’avait jamais pût encadrer Tillman. « Putain, s’ils revenaient, ils seraient traduits en cour martiale »  se disait Desperas, en gravissant les énormes marches de pierre qui menaient sur le plateau rocheux et les ruines préhistoriques.
« C’est vrai le commandant Rollings les avaient baladés depuis Saniquellie, il était clair que la mission n’avait jamais été l’ordinateur d’Abernathy, ou alors ce n’était qu’un objectif secondaire… Non la véritable mission c’était cette foutue montagne, c’est bien pour ça qu’ils avaient embarqués désignateurs lasers. Mais Montoya et Spunkmeyer s’étaient engouffrés à la suite de Rollings dans une des galeries des ruines, et les chances de survivre face aux saloperies qui les avaient attaqués dans la jungle étaient plus élevées si ils restaient groupés » Il jeta un dernier regard vers Demilio et Tillman qui rebroussaient déjà chemin vers la falaise et cracha de rage  en comprenant qu’ils ne le suivraient pas.
Desperas s’engagea dans l’ouverture où il avait vu s’enfoncer le groupe, il tenait son MP5 bien serré contre lui, le poids et le contact du métal dans ses mains le rassurait «  Putain ! Où étaient-ils allés… Ces galeries s’enfonçaient profondément sous le plateau rocheux ». Les escaliers grossiers  des galeries descendaient presque en à-pics de plusieurs mètres, il fallait faire gaffe pour ne pas chuter. Il glissa jusque dans une immense cavité humide et creusée d’une multitude de galeries.
C’est là que Desperas entendît la litanie.
Jusqu’à présent, sa course dans le noir, ses battements cœur et le bruit de son barda avaient masqués les chants, mais là, dans cette immense caverne le son s’amplifiait. Il l’entendait : c’était une sorte de chant, dans lequel semblait revenir une série de mantra hurlés de manière violente quasi hystérique, cela résonnait dans les galeries. Et à l’écoute, il était évident que ces sons ne pouvaient pas sortir de la bouche d’êtres humains, on aurait dît un chœur de beuglements et de feulements. Desperas s’arrêta son cœur battant à tout rompre, non pas d’essoufflements  de sa course mais bien de peur, il ne regarda même pas les immenses fresques pariétales préhistoriques qui couvraient les cavernes, il s’élança vers la source du chant, il était évident que Rollings menait les autres là bas, tout en bas, dans les tréfonds de la Terre.



Il ressentît alors les vibrations, les tremblements qui secouaient toute la montagne. Un bruit sourd qui montait du plus profond de la Terre, secouant toute la montagne, faisant trembler les galeries et causant des éboulements de pierres, Desperas courait maintenant se protégeant la tête  de ses bras levés, la litanie avait enflé, on aurait dît qu’un millier de bouches inhumaines hurlaient en même temps, Desperas pensa au chœur des enfers…

C’est alors qu’il entendît les rafales. En bas, tout en bas dans les cavernes. Le hurlement s’était tu sous le feu des armes automatiques, Desperas reconnu le tir d’une M4 et de la M249  de Montoya, il se mit à courir pour rejoindre ses compagnons d’armes. Toute la montagne était secouée, comme prise de spasmes incontrôlables, comme si elle devait vomir une chose qu’elle ne pouvait pas garder plus longtemps en elle.
Il y eu deux explosions, Desperas croisa Messner qui remontait les marches grossières quatre à quatre Messner était livide et courait comme si les hordes de l’enfer étaient à ses trousses « Desperas magne toi on se casse !! » lui lança t’il sans même s’arrêter  « Mais ? Mais le commandant ?? » Lui demanda Desperas – Trop tard, Messner venait déjà de disparaître dans une galerie menant vers la surface. Desperas entendait toujours la M249 et un mélange d’hurlements inhumains et de plaintes ressemblants à celles d’animaux blessés. Il tremblait de tout son corps, il dégoupilla deux grenades et courut vers le lieu de la fusillade toute proche.

Ce qu’il vit le terrifia au plus profond de son être, lui retourna les tripes comme on retourne un gant. Il hurla sa terreur primitive en voyant la multitude de créatures troglodytes : de goules, qui encerclaient Montoya seul pour protéger le commandant Rollings couché au sol  - « Putain Montoya est tout seul, elles ont déjà eu Spunkmeyer – nous ne sommes plus que deux » pensa Desperas, il lança ses deux grenades vers la masse de créatures qui affluait depuis une autre caverne, il aperçût alors ce qui faisait trembler la montagne.

Sa lampe tactique n’éclairait que peu la caverne voisine, mais assez pour voir le gigantesque corps vermiforme qui sortait d’un gouffre noir et se balançait vers la surface en faisant s’écrouler tout le plateau rocheux sur les créatures, en les écrasant même de son énorme corps vermiforme.  Les deux grenades touchèrent au but et réduisirent en charpie  les goules. Les explosions associées au cataclysme de la montagne firent s’effondrer les galeries, empêchant ainsi la multitude de goules de se jeter sur les militaires. 
Desperas arma son MP5 et vida ses derniers chargeurs sur les goules qui encerclaient encore Montoya.  La M249 avait tiré ses dernières cartouches et Montoya sortît son poignard tout en traînant le corps blessé de Rollings vers une des galeries menant vers la surface « Vas-y !! Je te couvre »lui hurla Desperas. 
Montoya  lacéra la gueule d’une créature et planta son poignard dans la gorge d’une autre, il prît alors le corps de Rollings sur ses épaules, il savait que Desperas le couvrirait et qu’il descendrait toutes les créatures qui tenteraient de l’attaquer.

Les douilles pleuvaient sur le sol de la caverne, Desperas remplaça son chargeur juste à temps pour stopper une créature qui se jetait sur lui. Toute la montagne tremblait et les blocs de pierre tombaient dans la caverne, par chance Desperas n’avait pas été touché.
Il cherchait à emprunter la galerie dans laquelle Montoya s’était engagé quelques secondes avant, on pouvait sentir de l’air frais qui en venait.
Les créatures n’étaient plus qu’un petit nombre, abattues par les tirs ou écrasées, coincées par les roches qui s’effondraient.
Desperas tenta sa chance, vidant son dernier chargeur il se lança dans une course éperdue dans la galerie et vers la sortie, il pensa à sa femme là bas à Albuquerque, il vît ses deux filles faire de la balançoire dans le jardin à l’herbe rase, il entendît dans son oreillette la voix de Rollings « Magnes-toi Rosario !! Tu n’y restes pas !! ».

Dehors sous la pluie battante, Montoya avait porté le corps blessé de Rollings à plus de cinquante mètres dans la jungle. Rollings en état de choc, grièvement blessé, tentait de rester conscient. Il avait perdu sa main et Montoya était en train de lui faire un bandage d’urgence.
On entendait la montagne gronder et les vagissements monstrueux d’une créature gigantesque, mais aussi des rafales d’armes automatiques…
Là haut sur le plateau qui s’effondrait, Tillman et Demilio vendaient chèrement leurs vies à l’énorme créature.
Montoya vît l’Osprey MV22 qui s’éloignait du plateau rocheux avec un homme accroché au filin, il reconnut Messner.
L’instant suivant d’après, les deux chasseurs  F16 larguèrent chacun une GBU-28 sur le plateau rocheux ouvert en deux et sur l’énorme créature qui en sortait.
L’énergie cinétique des bombes était capable de pénétrer jusque 30 mètres sous terre avant d’exploser, et surtout, les charges classifiées de 280kgs d’explosifs et d’uranium appauvri de chaque bombe réduisait à néant les objectifs.



Ce fût le cas. Une immense explosion secoua la montagne dispersant tout autour des débris de roches et des monceaux de chair sanguinolente  déchiquetée par l’explosion. La créature avait été réduite à néant de même que la multitude de choses qui grouillaient quelques instants avant dans la montagne.
Montoya s’était couché sur Rollings pour le protéger, il le secoua doucement «Mon commandant faut tenir le coup ! C’est pas fini !! » Rollings s’enfonçait dans l’inconscience, oubliant tout. Montoya savait que le Hawkeye était toujours au dessus du site, il devait s’assurer que l’objectif avait été détruit, il pourrait encore capter son appel radio « Ocelot ! Ocelot !! Ici Red2 ! Nous sommes toujours vivants ! J’ai Un blessé grave, pas de contamination ! demande d’une EVASAN d’urgence, Red leader est grièvement blessé !! » Grésillements et statiques dans l’oreillette, les secondes terribles et interminables s’écoulent puis la réponse comme une délivrance « Bien reçu Red 2 – Evac en cours – sur votre position dans 2 minutes ».

Dans la cabine de l’Osprey MV 22, le pilote effectua un demi-tour pour aller chercher les deux survivants, l’infirmier de bord préparait déjà le matériel médical d’urgence pour le blessé. Sur le visage d’un Messner encore tremblant se dessina un sourire quand il entendît le pilote lui annoncer que Red 2 et Red leader étaient toujours de ce monde.

mercredi 18 avril 2012

Vers Ongalla Tu


La Mission paraissait simple au départ : une opération de quelques heures à Saniquellie sur l’épave d’un avion pour récupérer un colis. Et puis voilà qu’ils se retrouvaient en pleine réserve naturelle du mont Nimba aux confins du Liberia, perdus sur les pistes pentues des montagnes à chercher des traces du colis sur un soi-disant site archéologique. Il était déjà 10h00 et leur extraction devait avoir lieu à 12h00. Et ils étaient coincés à cause de cette foutue pluie qui avait tellement creusée la piste vers les plateaux que même le puissant ATV Oshkoch était resté coincé sur un dénivelé de prés de 2 mètres d’où coulait des torrents incessants de boue, de lianes et de végétaux qui avaient été arrachés des plateaux par les pluies diluviennes. Montoya rageait intérieurement contre son commandant qui les avait redirigés sur ce nouvel objectif, il regarda Hudson qui lui gueulait dessus en sortant du véhicule  « Putain ! C’est toujours pour ma gueule Montoya ! Apprends à conduire !! » Montoya lui présenta son majeur avec un grand sourire tandis que Hudson claquait la porte.
Le Seal se laissa glisser sur la pente et descendît le dénivelé, 2 mètres plus bas, pour accrocher le treuil au second ATV qui ne pouvait plus grimper à cause des dommages que le premier passage avait causé à la piste, Hudson pataugeait dans la boue jusqu’aux genoux et progressait vers l’ATV de Spunkmeyer en tirant le filin du treuil de remorquage.
Soudain les abords de la jungle explosèrent ! Jaillissant depuis les arbustes touffus, ou de derrière les rideaux de racines  d’épiphytes, des créatures blafardes bondirent lourdement sur L’ATV  Oshkoch de tête conduit par Montoya qui poussa un juron de surprise.
D’autres bondissaient dans les torrents de pluie et de boues mêlées de la piste, juste à côté du malheureux Hudson qui venait d’accrocher le filin au second ATV.
Pendant une seconde ce fût la surprise et la panique totale dans les deux véhicules, Montoya appuya à fond sur la marché arrière et l’Oshkoch fît un bond en arrière éjectant les créatures humanoïdes du capot de l’ATV sur la piste pentue, mais Projetant aussi l’ATV vers le second véhicule qu’il allait  tracter !   « Recule !!! » Hurla Rollings au conducteur, voyant le véhicule leur tomber dessus.
D’un coup sec Spunkmeyer enclencha lui aussi la marche arrière et le second ATV recula droit dans la jungle sortant de la piste et tractant vers lui l’ATV de Montoya qui chuta lourdement depuis le dénivelé qu’il venait de franchir, l’affolement avait gagné les deux véhicules, d’autres créatures semblaient jaillir de la boue d’entre d’épaisses racines bordant la piste.
 Kaminsky fût le premier à ouvrir le feu depuis la tourelle de l’ATV, ses mains se crispèrent de peur sur les poignées du M134 quand il vît vraiment sur quoi il tirait : Les créatures pouvaient ressembler à des gorilles sans poils à la peau livide et luisante à l’aspect cireux, marquée par des tâches noires violacées et jaunâtres formant comme d’abominables tuméfactions. Mais ce qui lui fît le plus peur, c’était leurs bras qui se terminaient par des caricatures de mains munies de longues griffes noires et leurs têtes étrangement  canines aux yeux noirs sans vie et aux mâchoires distendues et hypertrophiées garnies de rangées de dents pointues ressemblant a celles des requins.



Passées les premières secondes de surprise et de panique, la tourelle du second ATV découpait elle aussi les créatures sous une nuée de balles, et, dans les véhicules, tous ceux qui avaient un secteur de tir ouvert tiraient sur les créatures. La fusillade cessa aussi rapidement qu’elle avait commencée, les créatures avaient été décimées et après quelques instants de tension extrême à surveiller un nouvel assaut, le calme revînt dans les véhicules. Rollings et Demilio sortirent du véhicule armes en main tandis que Kaminsky reprenait ses esprits et continuait de scruter la jungle depuis sa tourelle, Demilio s’approcha d’une créature « Merde ! Mon commandant qu’est ce que c’est que ces choses ! Rien à voir avec les contaminés ! On dirait presque des animaux » Rollings contrôlait l’étendue des dommages, l’ATV de Montoya avait fait une chute de quasiment deux mètres dans la boue et était profondément embourbé, Montoya et Tillman descendirent du véhicule eux aussi « Mon commandant c’était quoi ?? », Rollings ne répondît pas, son regard semblait chercher quelqu’un ou quelque chose «  Où est Hudson ? ».
Tous les hommes fouillaient d’un regard inquiet les alentours, l’une de ces choses avait elle pût l’emporter dans la jungle ? Et puis la terrible vérité explosa au visage de Rollings quand il vît une main humaine qui dépassait de la mare de boue dans lequel s’était écrasé l’ATV de Montoya. Desperas et Tillman bondirent les premiers dans la mare de boue « Non Non c’est pas vrai ! Hudson !! » Hurla Desperas tout en réalisant que son ami et frère d’armes avait été écrasé dans la chute de l’Oschkoch.
Rollings ordonna à Montoya d’accrocher le treuil plus haut sur la pente pour hisser l’ATV et dégager le cadavre d’Hudson, pendant ce temps Messner et Kaminsky couvraient le secteur.
Les cavernes d’Ongalla Tu, n’étaient plus très loin.




dimanche 15 avril 2012

LIBERIA - Retour vers l'enfer


 Abrité de la pluie battante dans la tourelle de l’ATV, Spunkmeyer couvrait l’équipe qui avait quitté la protection du véhicule, le second ATV conduit par Montoya s’était positionné à une dizaine de mètres pour assurer une plus grande couverture de la zone, et Spunkmeyer le regard rivé sur la carcasse du DC9 entendait la M134 qui crachait un déluge de 7.62 sur les contaminés qui arrivaient par le Sud, dans son oreillette il entendait Tillman qui depuis la tourelle poussait un cri de satisfaction en voyant que la pluie de feu qu’il balançait sur les porteurs du virus finissait par les stopper. Spunkmeyer sourît en se disant que finalement la mission Back-up serait peut être plus rapidement bouclée qu’ils ne le pensaient tous, c’est la voix du commandant Rollings qui le fît se ressaisir «  Spunkmeyer, a 11H00 nous avons un groupe qui s’approche rapidement ! »-« Entendu Mon commandant ! » Spunkmeyer effleure à peine la gâchette du  M134 que le canon rotatif commence à tourner et propulse ses 4000 coups minutes sur le groupe d’une trentaine de contaminés qui approche rapidement, les douilles pleuvent à l’extérieur de la tourelle tandis que devant les phares de l’ATV se forme un nuage de sang et de morceaux de corps découpés par les projectiles.
Rollings avance prudemment dans le fossé rempli d’eau  à laquelle se sont mélangés des huiles et des hydrocarbures probablement échappés du DC9 écrasé « Red leader à Red 2, progression et situation ? ». Dans la carcasse de l’avion Kaminsky et Demilio viennent d’entrer et ont sécurisés la cabine avant, Kaminsky fait signe à Demilio de couvrir la travée des sièges tandis qu’il s’écarte pour répondre « Red leader, nous sommes entrés dans l’avion. C’est pas beau à voir Chef ! J’ai des cadavres de partout et une partie des sièges est venus écraser sur les sièges de la partie avant, on commence à recherche la malette over ». Minsky pose la main sur l’épaule de Demilio pour lui indiquer qu’ils peuvent reprendre la progression, devant eux un chaos de métal tordu et déchiré, de sièges qui ont probablement été arrachés depuis l’arrière de la travers et sont  venus s’écraser avec leurs passagers sur les sièges avant, le spectacle de tout ces corps démantibulés ou déchiquetés est choquant même pour les Seals, dans son oreillette Minsky entends alors le lieutenant Messner « Red 2  ici Echo, j’entre par la porte avant gauche ».
Kaminsky balaie de sa lampe tactique le chaos de sièges tandis que Demilio fouille les compartiments des bagages à main, Il pousse un cri de surprise et de terreur « Putain de Merde qu’est ce que c’est que… » quand il réalise que juste devant lui, bien attachés par leurs ceintures dans leurs sièges, il y à deux contaminés qui grognent et essaient de l’attraper de leurs bras tendus, il fait un bond en arrière envahis par une terreur profonde et appuie instinctivement sur la gâchette de son AA12 libérant deux cartouches au phosphore qui éparpillent les deux zombies « Merde ! Merde !! Mais qu’est ce que c’est que ces saloperies » Demilio entend alors des grincements et des beuglements  qui viennent de l’arrière de l’avion, il éclaire alors vers la travée et découvre un groupe compact de contaminés qui se poussent, s’écrasent, se grimpent dessus pour approcher des deux seals.
Rollings et Messner viennent d’entrer dans l’avion et fouillent eux aussi à la recherche de la mallette pour laquelle ils sont venus, dehors on entend toujours les deux M134 qui tirent pour hacher les groupes de contaminés qui s’approchent à moins de 20 mètres, Rollings tire alors une main n’appartenant à aucun corps, main fermement agrippée à une mallette, Messner lui fait alors signe qu’il reconnait la mallette « ok en dégage »  lui réponds  Rollings qui s’apprête à donner l’ordre par radio, quand  on entends dans la carcasse de l’avion et dans les oreillettes de l’unité le hurlement de Minsky « CCCooonnnnntacccct !! » suivi du claquement caractéristique du feu l’AA12 – Putain il vide son chargeur se dit mentalement Messner en comptant les tirs.

Le DC9 écrasé à Saniquelliee