lundi 19 mars 2012

La Route


La route du Nord était réduite à néant.
Pour aller jusque Dugway, il fallait contourner le lac Utah et rejoindre l’UT73 W/W après American Fork pour prendre l’UT-199 W : le meilleur moyen de rallier rapidement Dugway. Mais pour ça il fallait se rapprocher encore de Salt Lake city et de sa zone irradiée à moins de 60 kilomètres ! Les radiations étaient peut être retombées depuis belle lurette, mais Arty frissonnait de devoir se rapprocher d’un point chaud, il ramena son écharpe sur son visage masquant son nez et sa bouche, après tout aucun scientifiques ni aucunes analyses n’avait été faites sur un tel cataclysme nucléaire. Il y avait peut être encore des particules fines, ça n’aurait pas été le seul mensonge du gouvernement, il venait d’arrêter le véhicule et obstruait la ventilation du Mack Rawhide, réveillant Kevin et Rudy «  Putain mec ! Merde qu’est ce que tu fous encore !! » Eructa Rudy surpris par un Arty lui passant au dessus pour calfeutrer les fenêtres  «  Je vous sauve encore la vie les mecs, j’suis sûr qu’il y à encore des radiations, dans les montagnes ont été protégés mais là ? ». Rudy grogna «  comme tu as sauvé la vie de Jenny et de son fils ordure ! », Kevin leva la main pour calmer ce qu’il sentait déjà comme un risque d’explosion entre les deux hommes « Vos gueules ont réglera tout ça une fois à l’abri ! », le ton de sa voix suffît à les faire taire tous les deux «  Arty ! T’as vu le bordel devant » continua Kevin.
A travers le pare brise enneigée du Truck, il n’y avait plus de route.
Kevin avait dormi quoi une heure à tout casser, depuis leur fuite de Provo, une heure qui avait suffît à radicalement changer le paysage, ici tout n’était que destruction, la route n’était plus qu’un amas de véhicules et de débris divers recouverts d’une épaisse couche de neige, par endroits même des congères de plusieurs mètres de hauts s’étaient formées sur les ruines des bâtiments proches.
Congères mortellement dangereuses, car elles étaient creuses par endroits, fragiles et traîtresses, Arty lui-même en avait fait les frais lors d’un arrêt forcé à Provo, heureusement Kevin été là et l’avait rattrapé avant qu’il ne fasse une chute de plusieurs mètres dans une carcasse de béton et d’acier cachée par la neige.
« Ouais !! C’est comme ça depuis presque une demi heure, j’arrive plus à avancer à force de faire des détours, j’sais même plus si je suis sur la bonne route » répondit Kevin en reniflant dans son écharpe qui lui masquait la moitié du visage. Kevin fît le tour des passagers, à l’arrière de la cabine du Mack Jaime était toujours menottée et endormie couchée à côté du pasteur Brown endormi lui aussi.  Rudy remuait sur le siège lui aussi, lui non plus ne dormirait plus après ce réveil forcé, il préférait suivre la route pour assurer Arty dans sa conduite.
Le gros truck de 485 chevaux bouscule des épaves couvertes de neige et avance sur la SR 145, Dieu bénisse les doubles voies des Etats Unis, elles sont assez larges pour laisser passer 6 trucks de front, se dit Arty en manœuvrant pour éviter un amas de carcasses et de débris.
Arty épuisé, se frottait les paupières gonflées de fatigue, se ressaisissant d’un coup en réalisant que Rudy le vrillait du regard, Kevin murmura vers l’arrière de l’habitacle «  tout va bien on continue » à l’attention de Jaime qui venait de se réveiller, Arty frémît en croisant le regard noir de Jaime, elle n’attendait qu’une occasion pour venger le sacrifice cruel de Jennie et de son fils Matthew, abandonnés dans les sous sols après avoir été poignardée dans la cuisse par Arty pour ralentir les goules.

Arty n’as pas cessé de revivre cet instant, mais que pouvait-il faire d’autres, Jennie était épuisée et son fils malade ne faisait que les ralentir alors que les goules, elles, elles gagnaient du terrain, malgré la bravoure de Rudy, qui seul, les avaient retenu le plus longtemps possible dans les conduits d’aération, ne se gardant qu’une cartouche pour lui.
C’est la voix grondante de Rudy justement qui le tire de ses sinistres souvenirs, Rudy qui avait tout fait pour sauver la vie de cette femme et de son fils « eh Connard ! Tu vas t’arrêter !! ». Arty réalise alors et freine, le lourd Truck Mack Rawhide glisse encore sur quelques dizaines de mètres avant d’être stoppé par l’énorme congère de neige et les débris qui bloquent la route. Kevin qui avait fermé les yeux de nouveau se réveille.
« Merde !! » Souffle Arty en réalisant l’ampleur du problème. Devant eux, ce qui semble être la toiture d’un bâtiment voisin de la route est venu s’écraser sur la route – anéantissant toutes chances de pouvoir traverser cet amas de métal, de poutrelles et de débris divers et donc de continuer.
Le silence a envahit l’habitacle du truck, tous restent interdits devant la seule solution qui s’offre à eux si ils veulent continuer à avancer, personne n’ose prononcer les mots, de peur qu’ils deviennent une fatalité, les secondes s’écoulent dans le silence. « Faut réveiller les autres ! On ne peut pas aller plus loin ! On va devoir marcher ! » Lâche alors Kevin «  On se planque jusqu’au lever du jour et on cherche un autre véhicule ou bien on marche ! ». A l’arrière Jaime s’est redressée et tente d’aider le pasteur à faire de même « Et que comptez vous faire du pasteur ? Lui aussi vous allez le laisser sur place ? Lui aussi vous allez le poignarder ? » dit- elle en dévisageant Arty. Le pasteur Brown se dressant difficilement sur ses avant-bras murmure alors «  Je vais marcher, si il le faut ».
D’un geste brusque Kevin donne un coup de pied dans la porte voilée du truck, celle-ci s’ouvre d’un coup dans un grincement de métal tordu «  Eh bien alors ne perdons plus de temps !! J’ai foutrement pas envie de servir de repas aux saloperies qui rôdent !! ».

La bataille de Provo


Dans l’espace confiné des conduits d’aération plongés dans les ténèbres, seul le fin faisceau de lumière de sa lampe torche permettait à Rudy d’y voir devant lui, au plus à 5 mètres. Il frôlait la claustrophobie, et ne pouvait s’empêcher de trembler, c’était plus fort que lui.
D’en bas provenait une multitude de hurlements et de hululements inhumains des créatures qui les avaient assaillies dans la galerie marchande et qui les avaient contraints à se replier dans des locaux certes sécurisés par des portes blindées, mais des locaux sans autre sortie que celle que les goules avaient envahis et sans réserves de nourriture, pire les créatures avaient passés les trois dernières heures à enfoncer les portes blindées, transformant l’abri en un piège mortel pour les survivants.
Il reculait en rampant, ses doigts tremblant faisaient glisser les cartouches de calibre 12 dans la chambre du fusil – Putain mais c’est au moins la quinzième que je butes – il essayait de garder l’esprit clair mais il sentait la panique monter en lui, Il savait que les autres étaient loin derrière lui dans les conduits, ils rampaient vers les locaux techniques du niveau -3 , ils avaient vus sur le plan qu’une sortie devrait leur permettre de contourner la horde des monstres hurlants qui les avaient acculés . La dernière cartouche était chargée et en reculant péniblement il s’arrêta soudainement pour écouter, tendant l’oreille. Il n’entendait plus du tout les autres, à part Jennie et son fils Matthew, les derniers du groupe, ils étaient trop lents à cause de Matthew malade et fiévreux, et lui, Rudy se retrouvait arrière garde à flinguer toutes les choses qui arrivaient dans les conduits – Putain de bordel de merde comment elles savaient qu’ils se barraient par les conduits d’aération – là – Rudy entend ses battements de cœur qui résonnent, sa respiration courte et puis cette autre respiration plus sourde et glaireuse – là – la goule vient de jaillir à l’angle du conduit d’aération, elle se rue à une vitesse impressionnante droit sur lui, griffant les parois de ces longues griffes noires, ouvrant une gueule pleine de dents acérées comme celle des requins blancs – le coup de fusil résonne dans les  conduits et même en ouvrant la bouche Rudy est sonné et abasourdi par le coup de feu, il tire de nouveau car déjà une nouvelle goule se fraye un passage sur le cadavre de celle qu’il vient d’abattre – encore  et encore – il ne respire même plus poussant un cri de rage et de terreur en voyant que les goules gagnent du terrain – la dernière cartouche est éjectée et rebondit sur le métal du conduit – la dernière goule est morte à moins de deux mètres. Il y a tant de cadavres que celles qui suivent derrière ne peuvent avancer, du moins pour un temps, jusqu’à ce qu’elles aient creusés les cadavres de leurs congénères pour se frayer un passage jusqu’à Rudy. Respirant enfin Rudy réalise qu’il s’est pissé dessus malgré tout son courage, il se met alors à ramper frénétiquement pour s’éloigner du tas de cadavres monstrueux rattrapant rapidement, trop rapidement Jennie et son fils Matthew, poussant son fils pour avancer plus vite, pour mettre le plus de distance entre lui et les goules qui vont finir par arriver  « Allez Avancez plus vite ! Elles arrivent !! » Dit-il d’une voix plus effrayée et haut perchée qu’il le voudrait tout en poussant le jeune Matthew, puis il se retourne et recharge son fusil, mentalement il compte, il lui reste 7 cartouches après…

samedi 17 mars 2012

La Horde...

« Putain mais magnez vous !! Il y à plein de ces foutues saloperies, elles rappliquent depuis une demi-heure elles doivent savoir que vous êtes là !! ». La voix déformée de Randell au talkie était paniquée, à la limite de l’hystérie, et dans la galerie marchande enneigée du Provo Town centre elle résonnait assez pour que le petit groupe de survivants l’entendent. 
Une terreur mortelle s’emparait déjà des membres du groupe, Jennie en larmes suppliait déjà Rudy de protéger son enfant, Billings en larmes levait les yeux vers le ciel comme si il s’attendait à une quelconque aide divine, le pasteur Brown serrait son étrange médaillon en forme d’étoile dans sa main, Arty et Kevin se regardèrent sans un mot.
Kevin gravît quatre à quatre les marches enneigées de l’escalator pour remonter jusqu’au rez-de-chaussée de l’immense centre commercial et jauger la situation, derrière lui il entendait la voix hystérique de Randell qui continuait d’hurler à travers le micro du talkie « Courez !! Courez Nom de dieu ! Elles sont là !! ».
Le groupe de survivants commençait à se déliter, certains faisaient demi-tour en courant vers les sous-sols du niveau -2 de la galerie marchande, là où depuis plusieurs mois ils survivaient et résistaient aux assauts répétés de ces goules aux yeux blancs. D’autres épuisés ou blessés comme Billings ou Brian s’étaient laissé tomber contre les rampes de l’escalator, finalement terrassés devant cette nouvelle épreuve. Enfin presque en haut des marches de l’escalator Arty, le pasteur Brown, Rudy qui portait le jeune Matthew, Jennie et enfin Jaime et Rasheed attendaient un signe de Kevin pour tenter une course jusqu’aux véhicules.
Kevin enfin au rez-de-chaussée braquait son M4 et cherchait à voir les créatures, passant le dôme d’entrée de la galerie marchande, il les vît alors : une bonne cinquantaine de ces ignobles caricatures humaines à la peau grisâtre. Elles attendaient accroupies sur les toits des centaines de véhicules abandonnés sur le parking, d’autres couraient à quatre pattes entre les véhicules, comme des Hyènes, formant un mur entre eux et les véhicules à 50 mètres de là. 
Rasheed leur avait dît qu’avec la nuit qui tombait, elles devenaient plus actives. Elles étaient sorties de leurs repaires et elles avaient flairé la chair des vivants. 
Kevin recula pas à pas en contrôlant la progression des créatures « On peut pas passer, on se replis sur les sous-sols, on … » la créature qui se jette depuis la grande baie vitrée détruite au dessus de la galerie marchande, le hurlement du pasteur Brown et les grognements de la créature qui se débat avec lui en dégringolant l’escalator fait exploser la terreur du reste du groupe, tous se mettent à courir dans l’escalator enneigé, se bousculant, tombant ou glissant jusqu’en bas.

Dehors les hurlements du pasteur et les grognements de la créature sont comme un signal pour la horde de goules, qui bondît d’un seul mouvement et en quelques secondes elles atteignent le dôme d’entrée de la galerie marchande.
Arty dans une réaction de terreur, enfonce son taser dans la créature qui se redresse de se chute avec le pasteur, lui balançant 2400000 volts. La créature se tord dans tous les sens lâchant le pasteur Brown pendant qu’Arty et Jaime courent à en prendre leurs souffles vers le sous sols. Dans sa fuite, Rudy lâche un carreau d’arbalète qui traverse la tête de la goule assommée par la décharge de Taser, Kevin tout en relevant le pasteur et en l’aidant à marcher ne peut qu’assister à l’invasion des goules. 
Elles s’engouffrent dans la galerie marchande et se ruent vers les survivants. Billings retardé par sa jambe fracturée est le premier à être engloutie par la meute bondissante. Sa mort apporte quelques précieuses secondes de course éperdue aux fuyards. 
Déjà, les goules pleuvent depuis le rez-de-chaussée jusqu’au sous-sol, se jetant en grappe depuis les balustrades, tombant en roulés boulés dans la neige et s’aidant de leurs griffes pour bondir de nouveau sur la neige compacte.
« Magnez vous de passer la barricade !! » hurle Kevin ralentît par le pasteur Brown, se retournant pour balancer encore quelques tirs vers les créatures qui s’arrêtent à peine en entendant claquer les coups de feu et en voyant tomber l’une des leurs fauchée par les tirs.
« Allez-y Padre !! » lance Kevin en le poussant par-dessus la barricade, il bondît lui aussi et dévale le nouvel escalator à la lumière de sa lampe tactique, tout en dégoupillant une des rares grenades qu’il à réussît à récupérer.

En bas au niveau -2, Arty et les autres sont déjà à l’abri derrière les portes blindées de la salle des caisses. Rasheed et Rudy armés et postés à l’entrée attendant que le pasteur et Kevin les rejoignent.
Brian armé de sa hache d’incendie vient à l’aide du pasteur claudicant, le hissant à l’abri des portes blindées, tandis que Kevin en arrière garde balance sa grenade sur la barricade où déjà les goules s’amassent par dizaines, bondissant par-dessus.
L’explosion sourde et fulgurante gronde dans la vaste galerie souterraine, alors que Kevin rejoint les lumières des lampes torches qui le guident vers les portes blindées, à bout de souffle, il passe les portes en hurlant « Elles arrivent !! Préparez-vous ! ».

Dans les minutes qui suivent, la galerie souterraine résonne déjà des feulements, grognements et hurlements inhumains des goules. 

lundi 12 mars 2012

Souvenirs amers d'une vie à jamais perdue

« C’est vraiment une belle journée, mon père » lui dit Matt Janssen tout en lui tendant un gobelet de café, le pasteur Brown s’aidant de sa canne esquisse un sourire « Oui Matt ! Une formidable journée, le seigneur nous gratifie en plus d’une belle journée ensoleillée ». 
Sur la pelouse entourant l’église de la Bible Payson, les fidèles discutent entre eux autour des barbecues sur lesquelles viandes et saucisses fument en dégageant une savoureuse odeur de cuisson. Madame Peabody et ses amies du Lotto organisent les jeux pour les enfants, et les rires enfantins égaient le jardin de l’église, les enfants s’amusent de courir pieds nus dans l’herbe bien fraiche de cette journée de Printemps. 
Le regard du pasteur Brown s’embue presque de larmes, tant la journée est un succès,de nombreux fidèles et des voisins de l'association de quartier sont venus, le vide grenier de la matinée à été un véritable succès et l’argent récolté permettra à la paroisse d’organiser le voyage pour les enfants jusqu’au parc de Salt Lake.


« Mon père. Mon père » la voix résonne semblant venir de très loin, une voix qui n’est pas celle de Matt, une voix que le pasteur refuse d’entendre. Mais peu importe, les ténèbres ont envahis le champ de vision du pasteur…son cœur s’emballe, si violemment que la douleur enserre sa poitrine. Il remonte des ténèbres, sa conscience rassemble à toute vitesse ses repères.
Les formes étranges et presque squelettiques des machines, l’énorme chargeuse Caterpillar contre laquelle il venait de s’assoupir, l’obscurité permanente et presque tangible de la galerie de mine, le secteur Echo… dans les faisceaux des lampes portatives il reconnaît alors les silhouettes de Kevin et d’Arty, puis celle de Rudy penchée au dessus de lui « désolé mon père, mais vous vous êtes endormis , Il faut y aller la patrouille est pas terminée et nous devons vérifier le signe du puits N°2 ». 


Le pasteur se lève aidé par Rudy, s’aidant de la canne il avance dans la galerie : les signes, ce symbole qu’il trace chaque matin, et retrace chaque soir avant la tombée de la nuit. Il l’a appelé le Sceau de Dieu : il avait vu le signe sur les immenses colonnes de l’île noire lorsque des images interdites filmées par des militaires avaient été médiatisées, le même que celui d’un médaillon qu’il tenait d’un arrière grand père. 
Ce médaillon le protégeait lui mais pas le reste de la communauté, alors il avait commencé à tracer le même signe partout sur les passages ou les créatures pouvaient se glisser, c’était devenu un rituel qui selon lui devait protéger le refuge.


C’est là qu’ils entendirent l’horrible bruit de succion et de reptation dans le puits N°1, il y avait aussi ces étranges sons inhumains comme des gémissements et des plaintes animales mais dans des modulations jamais entendues dans le règne animal. Le groupe se Figea et dans le faisceau des lampes torches, c’est là qu’ils virent le monstrueux appendice noir palper l’intérieur de la galerie, puis une masse d’obscurité se hisser dans la galerie, comme une sorte de gigantesque sangsue noire.
Même Kevin le dur à cuire,l'ex tôlard condamné à mort dans une autre vie recula en frissonnant « Ne Restons pas ici vite ! ».
Le groupe recula vers le boyau de secours et l’échelle métallique, tandis que de l'énorme masse noire palpitante qui envahissait maintenant tout l'espace de la galerie montait une sorte de stridulation empreinte d'une musicalité hypnotique. 
Le pasteur se tourna vers elle en brandissant son médaillon. Le corps tremblant, à la fois terrifié face à l’innommable créature qui rampait vers lui et plein d’un fol espoir dans le pouvoir du symbole gravé dans le bijou. Le reste du groupe venait de se glisser dans le boyau de secours et descendait à toute vitesse l’échelle vers la galerie inférieure. La galerie qui abritait la communauté, leur seul lieu de survie.
L’indicible horreur se dressait maintenant devant le pasteur: la masse gluante ressemblait à une nappe vivante d’hydrocarbures,elle semblait palpiter et onduler, comme si elle dansait, elle se constella d’une multitude d’horribles protubérances, d’appendices et de pseudopodes garnis soit de mâchoires aux dents fines comme des aiguilles, de griffes comme des serres soit d’une multitude d’yeux globuleux blancs sans pupilles. Le millier d’yeux blancs se braqua sur le pasteur qui recula d'un pas en tendant le médaillon devant lui, comme si la simple vue du symbole sculpté pouvait stopper la chose.


Matt Janssen


La créature des mines

Un espoir de fou

Je pense pas qu'ils se soient posés la question...Franchement c'était la fin..Ce foutu hiver nucléaire, c'était le moindre de leurs soucis à l'époque, un moindre mal vu le climat polaire qui ravageait déjà l'hémisphère Nord...Et puis je pense qu'ils se disaient qu'il n'y aurait peut être plus personne pour se le taper ce foutu putain d'hiver, ces putains de radiations, ces zones chaudes sur plusieurs dizaines de kilomètres qui vous font bouillonner l'Adn !
Mais ces foutues saletés de créatures, elles, elles sont toujours là. Un an déjà, un an qu'elles continuent de rôder en hurlant et en se nourrissant des malheureux qu'elles trouvent.  Depuis quelques semaines, elles se sont même mises à gratter, à creuser le sol, elles savent que nous nous cachons...

Nous sommes à la mi Avril, et il neige toujours, il fait aussi un froid terrible, jusque -10°c la nuit dans l'Utah, le vent hurle en bourrasques, portant les bruits des choses énormes qui rôdent autour.

Mickaël ne se remet pas de sa pneumonie, sa fièvre empire et nous tentons de le réchauffer mais il nous faudrait des médicaments. Les réserves de nourriture ont diminuées plus vite que prévu malgré notre rationnement, j'estime que dans 3 jours on seras à court - Mel, Trent, Richard et moi avons décidé de sortir pour aller jusqu'à Johnstown, à pied dans la neige et en évitant les grands axes on devrait y être en 3 jours. Ce soir on prépare les équipements et les armes. Mickaël, Lisa et James resteront ici avec les enfants, nous emportons une radio pour rester en contact, enfin si on a de la chance.
Ce seras notre première véritable sortie depuis presque 6 mois, et jamais nous n'avons été aussi loin, mais nous n'avons pas le choix.

Changement de plan, ce matin en quittant l'abri nous sommes tombé sur un homme mourant, ses blessures sont atroces et probablement l'oeuvre de ces choses. Nous l'avons traîné loin de l'abri pour que les créatures ne viennent pas rôder trop prés. Dans ses derniers instants, il nous a dit venir d'une communauté importante de Caroline du nord, cachée sous Fort Bragg, il montait vers New York  avec un message d'importance concernant la manière de repousser les choses, il n'as pas réussi à en dire plus, paix à son âme...

Fort Bragg.. Putain ! C'est à plus de 500 miles!! Un voyage déjà très long avec des moyens de transports! Faut croire que ce message en vaut la peine... merde alors, avec une moyenne de 2,5m heure à pied, les enfants, le groupe et puis Mickaël qui est intransportable et surtout il y a les créatures... Nous sommes retournés à l'abri pour en parler avec les autres. Beaucoup sont faibles, sus alimentés, fatigués ou malades, James à même proposé de trouver un moyen de transport, un avion !!
Trent était furieux d'entendre de telles conneries, j'ai réussi à les séparer... l'ambiance est très tendue, je crois que tous nous rêvons de rejoindre Fort Bragg, mais comment ?

Ceux qui restent



Comment, ne pas devenir dingue...
La nuit nous devons nous surveiller pour ne pas tomber dans ces terribles rêves maudits qui nous rendent au mieux somnambules, au pire peuvent nous rendre fous dangereux comme sous le pouvoir de ces Choses monstrueuses.
Tellement de choses ont été dites par des sois-disant experts et des scientifiques avant les bombardements, quand l'humanité semblait devenue folle.
Une chose est certaine, nous dormons peu et toujours sous la surveillance d'un autre qui s'assure que nous ne commençons pas à parler dans notre sommeil, c'est un des signes, c'est ce que disent certains des survivants.
Le jour, nous devons nous cacher en permanence, nous terrer comme des animaux, car les Choses rôdent. Et même dans notre abri, je ne crois pas que nous soyons en sécurité.
Si une des créatures venait à nous sentir, ou nous voir ( bien que je ne saches pas si on peut parler d'organes de vision pour certaines d'entre elles, tant elles sont différentes de tout ce que nous connaissons), je crois qu'elle pourrait aisément enfoncer l'ascenseur et descendre dans notre cache...

Je peux comprendre le geste de Jim... Comment ne pas devenir dingue...

Lors de notre dernière sortie pour des provisions, nous avons vu des croix dressées avec des restes de corps dévorés qui étaient crucifiés dessus. Intérieurement, nous nous sommes demandés tous, si ces malheureux avaient été crucifiés comme offrandes aux créatures, et si ils étaient encore vivants ou si ils étaient déjà morts... On ne peut avoir confiance en personne, il faut surtout éviter les autres, ils sont devenus dangereux...

Jim ne voulait pas que sa femme et sa fille subissent de tels tourments, il aurait préféré qu'elles meurent avec lui lors de l'Eveil. Il n'en pouvait plus, c'est pour ça qu'il les a étouffé dans leur sommeil... et qu'il s'est tiré une balle ensuite.

Ce matin, le moral de la communauté est au plus bas. C'est déjà le sixième suicide depuis deux mois. La mort dans l'âme, nous nous sommes débarrassés des corps loin de notre abri pour éviter d'attirer des charognards et des créatures. Un risque supplémentaire que nous impose Jim en se suicidant, devoir sortir de l'abri.
Je me suis remis à la radio, il y à quelques semaines, ou mois, je ne sais plus, j'avais capté une émission d'un type qui s'appelait Arty... Il parlait d'un abri... Mais nous avions été coupés.
Les communications ont cessé depuis plus d'un an, les dernières s'étaient des enregistrements d'urgence qui ont cessé il y à plusieurs mois déjà, il n'existe plus de gouvernement, il n'y a plus personne et l'homme a cessé de régner sur cette foutue planète. 
Le monde tel qu'il existait n'est plus et ne seras plus jamais pour l'homme tant que ces choses continueront de rôder sur la Terre.


L'arme ultime ?

Ils l'ont fait !! Putain ils l'ont fait !!
On l'as vu ! Ce foutu champignon orange clair qui brillait sur l'horizon, comme un deuxième soleil qui se levait sur New York. 
Merde !! Pour qu'on ait pu le voir et sentir le souffle a 250 kilomètres de là, c'est qu'ils doivent avoir lâché une putain foutue de bombe ! Un truc énorme. Mickaël qui à toujours était un flippé de ce type d'armes nous dit qu'il s'agit probablement d'une bombe de plus de 50kt ! 50kilotonnes ! Putain ils balancent vraiment tout ce qu'ils ont ! 50kilotonnes...
50 millions de tonnes de TNT, je me demande ce qu'il doit rester de mon appart de Hillside Park... J'espère qu'au moins on a botté le cul de ces foutues saloperies !!
Le ciel est dégagé et le vent porte vers l'océan Mickaël nous dit que nous sommes à l'abris de la radioactivité... Mais je pense que c'est le dernier de nos soucis, quand j'entends les hurlements et les cris étranges et inhumains qui résonnent au delà de la forêt où nous nous sommes cachés... Nous devons absolument trouver un refuge, un lieu fortifié où nous pourrons tenir plusieurs semaines avant que l'armée ne viennes nous aider.

Sur la ligne de défense

Le sergent Smothers n'entend même pas partir les roquettes des MLRS, il entend juste sa respiration saccadée et incontrôlée, assourdissante. Mais il  voit clairement les roquettes filer vers leurs cibles, des choses énormes, aussi grandes que des buildings, informes d'où jaillissent des milliers de pseudopodes, d?appendices énormes ressemblant à des caricatures de membres.
La panique totale s'était emparée de la ligne de défense de la gare de triage d'Oak island Junction, un officier ordonnait de libérer la ligne.
Smothers n'avait pas attendu, il courait déjà vers la zone d'extraction, tout comme des centaines de soldats qui avaient déjà désertés la ligne de défense.



Les hélicos étaient submergés par la débâcle des fuyards, certains ne pouvaient pas décoller, encerclés par des hommes en larmes, comme pris de folie. Le cie'l était illuminé comme en plein jour par les tirs des chars qui envoyaient des obus de 155, par les pluies de roquettes  des MLRS, et les hélicos comanches et Apache ah-64 qui balançaient leur Hellfire le tout dans un boucan étourdissant.
Alors qu'il bondît dans le Chinook ch47, son bras est attrapé par Everett, le radio de l'unité « Grimpe Brian !! Si tu veux pas y rester ». A bout de souffle, étourdi, Smothers se laisse tomber sur le siège métallique.
« Accrochez vous !! Ça va secouer »  lance le pilote tandis qu'il force l'hélicoptère à s'arracher du sol.  

 Du regard, Smothers compte le peu de survivants de l?unité tandis que sa radio crache des dizaines d'échanges et de communications dans lesquels on peut sentir la tension et la panique des interlocuteurs encore au sol « ils ont effectués une percée à Bayway, ils sont derrière nous Putain ! On est baisés putain !! Le pc opérationnel de Newark ne réponds plus - Regroupez vous derrière les lignes de défense de Morristown - A toutes les unités, engagez vos secteurs de tirs ! Toutes unités Ouvrez le feu !! »
Les deux canons vulcains de l'hélico crachent des pluies de douilles brûlantes dans la soute de l'hélicoptère, des gerbes de flammes déchirent l'obscurité tandis que les traçantes filent vers les cibles au sol. Les visages des soldats sont crispés, la peur se lit dans les regards, et puis il y à ce choc énorme, comme ci une lame géante venait de découper l'hélicoptère. 
Le hurlement de l'acier qui se déchire. 
Smothers à juste le temps de voir l'énorme appendice noir et épais qui traverse l'hélicoptère et l'ouvre en deux. Les deux morceaux viennent s'écraser contre la surface noire et bouillonnante de l'eau de la Passaic River. 

C'est l'eau glaciale qui envahit la carcasse du Chinook qui fait revenir à lui Smothers. Il à juste le temps de sortir par l'arrière de la soute alors que déjà deux mètres d'eau le séparent de la surface.
Après, tout se mélange dans sa tête. 
Il se souvient d'énormes pseudopodes noirs  qui balaient  le ciel et fauchent les hélicos au décollage, il est sonné, des mains s'agrippent à lui, il frappe au hasard dans la panique avant que sa vision ne s'éclaircisse et qu'il découvre des soldats qui le traînent jusqu'à la berge. 
Le jeune lieutenant Sawyer lui met une gifle cinglante, comme un coup de fouet qui électrise Smothers   «Hé ! Sergent !! Ca y est vous y êtes ! J?ai besoin de vous là !! Maintenant Putain ! ». Le réflexe de smothers pourrait paraître risible au milieu du chaos, il salut le lieutenant «  Oui mon lieutenant ! À vos ordres ! » - 

« Eh bien alors sergent ! Récupérez une arme et arrangez vous pour rester en vie ! ».

 Le petit groupe de survivants grimpe le long de la berge et rejoint rapidement l'université Rutgers, une zone d'extraction y est encore active selon le lieutenant.

Le monde des hommes s'effondre


NEW YORK - Novembre 2012 -





1/11/2012
"Oui !! Vous êtes bien en direct toujours avec nous sur RFTV - Reallyfree TV la seule chaîne qui vous dit toute la vérité !
Des images incroyables pour ceux qui nous rejoignent maintenant...Je vous rappelle que Manhattan est littéralement en état de siège, la garde nationale et la 41éme compagnie de blindés bouclent les ponts menant à Manhattan..." immeubles secoués - formes aberrantes - silhouettes de créatures gigantesques qui marchent entre les Buildings de Manhattan  - statiques, interférences et perte d'image ...... "Des milliers de morts, un pont aérien est en place pour déplacer le maximum de civils de la zone "......statique...et perte totale d'images.

3/11/2012
"Nous avons vus la terre vomir nos féroces ennemis, des obscénités, des monstres de l'enfer! Il est écrit, tu ne te cachera pas du regard de Dieu ! Les créatures de l'Enfer sont venues pour emporter les âmes corrompues, priez avec moi mes frères et notre sanctuaire ne seras pas touché par les démons !" Prêche d'un bigot illuminé quelque part dans le métro de la ligne 5 Lexington.

12/11/2012
" Vous allez entendre un message d'alerte radio télévisé....BIP....BIP....BIP...Il ne s'agit pas d'une simulation...Vous allez entendre un message d'alerte radio télévisé...La ville de New York va être bombardée - Si vous entendez ce message, vous êtes en danger. Si vous entendez les sirènes, vous êtes dans la zone de tir, vous êtes en danger, rejoignez l'abri souterrain le plus proche, il existe plusieurs abris conçus pour abriter la population: ils se situent l'un, sous le bâtiment....."Statiques.

Les derniers mots



Ce n'est pas le président des Etats Unis qui vous parle, ce n'est pas le chef d'état mais le simple citoyen du monde.
Nous sommes confrontés au plus terrible défi qui puisse exister. La Bible annonce ce jour comme l'Apocalypse.
A vous tous, qui priez avec nous, je veux dire que tout ce qui est humainement possible pour stopper ce fléau est actuellement tenté à travers le monde.


Notre soif de perfection, de connaissances, toutes les avancées dans le domaine scientifique, les progrès de la technologie et jusqu'aux conflits qui ont marqués notre histoire nous ont armés pour livrer cette terrible bataille!
Au long des siècles marqués par le chaos, les guerres, la discorde, la douleur et la peine, de tout temps, il est une chose qui a nourrit nos âmes et qui nous a élevé au dessus de notre condition: c'est notre courage et notre volonté !


Jusqu'au bout nous ne baisserons pas les bras, et je vous demande à vous de ne pas baisser les bras !
Si vous le pouvez, dirigez vous vers des zones isolés, j'ai donné ordre à la garde nationale de faire évacuer toutes les grandes villes par tous les moyens en notre possession !
Si vous ne pouvez pas quitter la ville, restez à l'abri et faites des réserves de nourriture et d'eau, gagnez si possible des abris souterrains.
Citoyens du monde, puissions nous survivre à cette épreuve
Bonne chance et que Dieu soit avec nous !"



Extrait de la dernière allocution radio télévisée du vice président J.Biden, le 8 Novembre 2012.